Tanneries de Saint-Symphorien-sur-Coise
- Gabriel Joannas

- 3 avr.
- 3 min de lecture
TANNERIE DE SAINT SYMPHORIEN SUR COISE
Immersion photographique dans un patrimoine industriel oublié .
Il y a des lieux qui ne se visitent pas. Ils se découvrent.
À Saint-Symphorien-sur-Coise, les anciennes tanneries ne figurent sur aucun circuit touristique. Pas de panneaux, pas de vitrines, pas de récit officiel. Juste des bâtiments silencieux, posés là, comme en suspens.
Et pourtant… tout commence ici.

L’histoire industrielle des tanneries de Saint-Symphorien-sur-Coise
Avant d’être un terrain d’exploration urbaine, les tanneries étaient le cœur battant de l’économie locale.
Dès le XIXe siècle, Saint-Symphorien-sur-Coise développe une activité industrielle autour du cuir. L’eau, omniprésente dans la région, permet le traitement des peaux. Les ateliers s’installent à proximité des cours d’eau, et peu à peu, un savoir-faire se construit.
Le cuir produit ici alimente artisans, industries et commerces. Pendant des décennies, des générations d’ouvriers travaillent dans ces bâtiments aujourd’hui abandonnés. Le rythme est intense, les gestes précis, les conditions parfois difficiles.
Puis vient le déclin.
Comme beaucoup d’industries traditionnelles françaises, les tanneries subissent la concurrence internationale et les transformations économiques du XXe siècle. Les machines ralentissent, les commandes diminuent… jusqu’à l’arrêt complet.
Les portes se ferment. Définitivement.
Ou presque.

Urbex à Saint-Symphorien-sur-Coise : ma première entrée dans les tanneries
Je suis Gabriel Joannas, photographe basé à Saint-Symphorien-sur-Coise.
La première fois que je suis entré dans ces tanneries, ce n’était pas prévu. Pas de carte, pas de plan, juste une intuition. Une faille dans une clôture, une lumière étrange… et ce sentiment que quelque chose m’attendait là.
À l’intérieur, le silence était total.
Un silence épais, presque matériel.
Chaque pas soulevait la poussière. Chaque pièce semblait raconter une histoire différente. Des machines figées dans leur dernier mouvement. Des cuves vides. Des murs marqués par le temps, l’humidité, le travail.
C’était comme pénétrer dans une mémoire oubliée.

Photographie urbex : capturer l’âme des lieux abandonnés
Très vite, l’appareil photo s’est imposé.
Dans les tanneries, la lumière ne se contente pas d’éclairer. Elle sculpte. Elle révèle. Elle transforme.
Un rayon traverse une fenêtre brisée et vient frapper une machine rouillée. Une porte entrouverte laisse deviner une pièce encore plus sombre. Les textures se répondent : métal, bois, béton, cuir disparu.
Ce que je cherche à photographier ici, ce n’est pas seulement un lieu abandonné.
C’est une présence invisible.
L’urbex, pour moi, n’est pas une exploration sensationnaliste. C’est une démarche presque documentaire, mais sensible. Une manière de redonner une voix à ces espaces industriels oubliés.
Chaque image devient une trace.

Les tanneries abandonnées : entre mémoire et esthétique
Ce qui frappe dans ces tanneries, c’est cet équilibre fragile entre dégradation et beauté.
Rien n’est mis en scène, et pourtant tout semble composé.
Les lignes, les volumes, les contrastes… tout raconte quelque chose. On devine les gestes des ouvriers, les flux de production, l’organisation du travail.
Mais tout est désormais immobile.
Le temps a pris le relais.
Et c’est précisément ce contraste qui nourrit mon travail photographique : montrer comment un lieu conçu pour produire devient un espace de contemplation.

Expositions photo : faire revivre les tanneries autrement
De ces explorations est née une série photographique.
Au départ, c’était un travail personnel. Une manière de comprendre, de ressentir, de garder une trace. Puis très vite, l’envie de partager s’est imposée.
Mes expositions autour des tanneries de Saint-Symphorien-sur-Coise ont ouvert un dialogue inattendu.
Certains visiteurs reconnaissent les lieux immédiatement. Ils racontent. Ils se souviennent. Un parent, un voisin, une époque.
D’autres découvrent totalement cette histoire industrielle locale.
Et entre les deux, il y a les images.
Des images qui ne figent pas seulement un lieu, mais qui réveillent une mémoire collective.

Patrimoine industriel et urbex : une autre manière de préserver
Les tanneries ne sont plus en activité. Mais elles ne sont pas mortes.
À travers la photographie urbex, une autre forme de préservation existe. Plus fragile, plus subjective, mais tout aussi essentielle.
Il ne s’agit pas de restaurer ou de transformer.
Il s’agit de regarder.
De prendre le temps.
De comprendre que ces lieux, même abandonnés, font partie de l’identité de Saint-Symphorien-sur-Coise.

Explorer, photographier, transmettre
Chaque exploration est différente. La lumière change. Les ambiances évoluent. Le lieu continue de vivre, à sa manière.
Et moi, je reviens.
Pas pour chercher quelque chose de nouveau, mais pour voir autrement.
Parce que ces tanneries ne livrent jamais tout.
Elles se dévoilent lentement, comme une histoire qu’on n’a jamais fini d’écouter.
Gabriel Joannas Photographe urbex à Saint-Symphorien-sur-Coise
Photographie de lieux abandonnés • Patrimoine industriel • Expositions artistiques












































































































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