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Bivouac au Plateau d'Emparis depuis le Chazelet

Partir en bivouac au Plateau d’Emparis depuis le petit village du Chazelet, c’est s’offrir une expérience hors du temps, au cœur des Alpes. Ce plateau d’altitude, perché à 2450 mètres, offre un panorama à couper le souffle sur la Meije et ses glaciers, un décor qui justifie à lui seul l’effort de la randonnée.


itinéraire rando
Notre itinéraire rando

Départ:

Le matin s’installe doucement au Chazelet. Le village semble encore endormi, lové dans la pente, ses maisons de pierre et de lauze tournées vers l’horizon. La Meije, déjà baignée de lumière, domine la vallée avec une puissance tranquille. Impossible de ne pas s’arrêter quelques instants avant même de partir, simplement pour contempler cette reine des Alpes.


Le Chazelet face à la Meije

Le sac bien ajusté, les premiers pas m’emmènent vers le Querelle. Le chemin s’élève en lacets dans une ambiance de montagne encore intime. Les prairies s’ouvrent, éclaboussées de fleurs alpines en été, et les sonnailles des troupeaux ponctuent le silence. Chaque respiration devient plus ample, chaque regard une invitation à ralentir.

En poursuivant vers le Rivet du Milieu, le paysage prend une autre dimension. Quelques ruines et bâtisses isolées rappellent la vie pastorale d’autrefois. J’imagine les générations de bergers qui montaient ici avec leurs bêtes, affrontant les saisons, dans une proximité avec la montagne que l’on n’expérimente plus qu’à travers la marche. Le chemin, parfois raide, offre déjà des points de vue spectaculaires sur la vallée de la Romanche et les sommets environnants.



Plus loin, la Chabanerie apparaît, modeste mais pleine de caractère. Ici, le temps semble suspendu. Le vent passe dans les herbes hautes, les pierres chauffent au soleil, et l’on devine la rudesse des hivers comme la douceur des étés passés à surveiller les troupeaux. C’est une halte naturelle : on s’assoit un moment, on boit une gorgée d’eau, et on se laisse envahir par la sérénité des lieux.

La montée se poursuit en direction du Chalet de la Grande Buffe. À mesure que l’on approche, l’espace s’élargit. Les alpages se déploient, vastes, ondulant comme une mer dorée quand souffle le vent. Le chalet se tient là, solide, face aux montagnes, témoin immuable de l’activité pastorale qui rythme encore aujourd’hui ces pentes. C’est un endroit qui invite au repos, à poser le sac quelques minutes pour écouter battre le cœur de l’Oisans.



Puis vient le moment où le sentier s’adoucit, où la montée se fait moins pressante. On sent qu’un seuil est proche. Et soudain, après un dernier effort, le regard bascule : devant moi s’étend le Plateau d’Emparis. L’impression est saisissante. L’espace s’ouvre sans retenue, lumineux, presque irréel. On a l’impression d’entrer dans un autre monde, un océan de verdure et de lumière, à plus de 2 400 m d’altitude.

Le plateau déploie ses trésors pas à pas. Les lacs d’altitude, comme le lac Noir et le lac L'Érié, scintillent sous le soleil. Leur surface immobile reflète avec une précision troublante la Meije et ses glaciers, comme si la montagne voulait se contempler elle-même. Le temps file sans que l’on s’en aperçoive : assis au bord de l’eau, je me laisse happer par les jeux de lumière, par le silence si profond qu’on croirait entendre battre son propre cœur.



Le soir approche, et les couleurs s’enflamment. Les sommets se parent de teintes orangées, puis se fondent lentement dans l’ombre. C’est un spectacle que la montagne offre généreusement, mais qui garde toujours quelque chose de sacré. Si l’on choisit d’y bivouaquer, la nuit révèle alors un autre visage du plateau : un ciel constellé d’étoiles, une sensation de solitude immense et rassurante à la fois. On se sent minuscule, mais infiniment vivant.



Au petit matin, le spectacle recommence à l’envers. La lumière se glisse doucement derrière les crêtes, les glaciers s’embrasent de rose puis d’or, et la journée s’éveille. C’est un privilège rare que de vivre ce moment suspendu, avec pour seul bruit le souffle du vent et le clapotis discret du lac.

La descente vers le Chazelet ramène peu à peu à la réalité. Les alpages défilent à nouveau et enfin le village surgit, paisible, au bout du chemin. Mais ce que l’on rapporte avec soi dépasse les images : c’est une émotion profonde, un sentiment de plénitude, comme si le Plateau d’Emparis avait gravé en soi une part de son immensité.



Rappel : Le bivouac est autorisé de 19h à 9h .


Infos pratiques

  • Point de départ : village du Chazelet (1 800 m).

  • Itinéraire : Le Querelle → Rivet du Milieu → La Chabanerie → Chalet de la Grande Buffe → Plateau d’Emparis.

  • Durée : environ 3 h 30 à 6 h de montée, 2 h à 3 h de descente.

  • Dénivelé : +960 m.

  • Niveau : randonnée de difficulté moyenne, sans passages techniques, accessible aux randonneurs réguliers.

  • Période idéale : juin à septembre. Attention, les nuits restent fraîches même en plein été. ( pour nous fin Aout températures négatives la nuit )

  • Équipement conseillé : chaussures de randonnée, vêtements chauds et coupe-vent, eau (ou filtre), carte ou GPS. Pour un bivouac : tente légère, sac de couchage chaud, matelas isolant et réchaud.

  • Conseil : prenez le temps ! Le Plateau d’Emparis n’est pas une destination que l’on traverse vite. Il se savoure, dans la lenteur et l’émerveillement.

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69590 Saint Symphorien sur coise

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Lundi . Mardi . Mercredi . Jeudi 09:00-12:00 / 14:00-19:00

Vendredi                                    09:00-12:00 / 14:00-18:00

Samedi                                                           09:00-12:00 

© 2022 Par Gabriel Joannas  . 

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